La Granderie : quand la restauration se met au service de l’inclusion

Entretien avec Mathias Julien, directeur de l’Esat et des Foyers de la Plateforme Adulte et Handicap, Charente-Maritime

 

Pourquoi avoir ouvert ce restaurant, et sur ce site en particulier ?

L’Esat disposait depuis plusieurs années d’une salle de restauration, mais qui n’accueillait qu’un public restreint, essentiellement des salariés de la Fondation.
C’est la mutualisation avec le Manoir Emilie, un autre établissement accompagnant des personnes avec des troubles psychiques ou une déficience intellectuelle, qui a tout changé : conjuguer les forces des deux structures, en mettant en commun salariés et personnes accompagnées.

Nous avons pu imaginer quelque chose de plus ambitieux : ouvrir un restaurant ouvert à une clientèle plus large et diverse, dans la cour d’une bâtisse du XVIIIe siècle sur le site historique de la Granderie.

Quelles sont les finalités de ce projet ?

Au-delà de la restauration, l’ambition est clairement professionnalisante. Nous voulions offrir une activité structurante, avec une vraie relation à la clientèle, quelque chose de valorisant. Et plus concrètement, là où le travail venait auparavant à manquer, ce restaurant a redonné du rythme et du sens au quotidien des personnes que nous accompagnons.

Comment s’organise concrètement le travail au quotidien ?

Dix travailleurs en situation de handicap de l’Esat officient dans l’atelier cuisine. Ils préparent les repas pour les jeunes du Manoir Emilie, les résidents des foyers et de l’Esat, et assurent aussi le service en salle pour les clients du restaurant.

Avez-vous un premier bilan depuis l’ouverture en juin 2025 ?

Le nombre de repas servi est en nette augmentation. Nous avons cependant mis le focus sur la qualité de l’accueil et la satisfaction de la clientèle avant de prioriser le nombre de clients. Dans cette logique, 168 repas en trop ont été proposés à un prix préférentiel à des professionnels ou à des personnes accompagnées pour éviter le gaspillage alimentaire et les pertes financières (selon le principe du Too Good To Go).
La dynamique est déjà lancée pour aller plus loin : l’ouverture d’un salon de thé est prévue en juin de l’année prochaine, permettant à de nouveaux travailleurs d’accueillir une clientèle supplémentaire et d’élargir encore le champ des apprentissages

Galerie d'images