Rencontrer des anges

 

 

Les établissements de la Fondation accueillent des personnes en situation de souffrance, que celle-ci soit physique, psychique, relationnelle ou spirituelle. Or la souffrance obéit à une loi du tout-ou-rien, elle prend tout l’être et participe à isoler l’individu. Dans ce contexte, l’aumônerie apporte une écoute bienveillante et permet de retisser des liens, d’ouvrir à une espérance.

 

 

Bénévoles en aumônerie

L’être humain reconnaît l’autre lorsqu’il entre en conversation personnelle avec lui. Dans les établissements et lieux de vie, les bénévoles d’aumônerie ont la charge de favoriser cette rencontre dans sa dimension spirituelle, intime. Eux-mêmes ancrés dans une spiritualité, qui s’exprime ou non dans une appartenance religieuse, ils sont formés pour accompagner toute question existentielle ou de sens.

Inutile et indispensable

On pourrait considérer que dédier un bénévole à l’aumônerie fait double emploi avec les autres types de bénévolat d’activité,
d’accompagnement ou de pair-aidance. À l’occasion d’un exercice, du soin d’un proche ou d’une conversation, l’essentiel de la vie peut en effet se dire et se partager sans avoir besoin de référence spirituelle ou religieuse précise. Pourtant, entrer dans un établissement ou côtoyer un service de la Fondation n’est pas neutre et soulève des questions existentielles parfois lourdes. La perte d’autonomie, la maladie sont des temps de retour sur soi, de bilan, d’émotions parfois. Il y a tellement de choses à dire, qui relèvent de l’indicible. Le bénévole s’inscrit dans ce champ d’accompagnement, sans visée spécifique, sans préalable. Il se tient dans le présent de la rencontre, serviteur inutile et peut-être indispensable.

Quelle motivation pour les bénévoles ?

Parler de motivation est impropre, car cela soulignerait la dimension interpersonnelle de l’échange. En matière spirituelle, on parle plus volontiers de vocation, voire de convocation : être appelé. Le bénévole ne s’engage pas dans une rencontre qui le nourrit en retour, mais répond à un appel. Comme rien ne se fait gratuitement, il trouve sa rétribution d’une autre manière ; son engagement est un remerciement. Assuré avant tout chose d’être inconditionnellement aimé par son Dieu, le bénévole vit cette conviction dans son quotidien, c’est-à-dire que ses actes vont en être porteurs, sa présence et son écoute en sont un résultat.

Qui sont-ils donc ?

Correspondre à cette description paraît relever de l’impossible. Pourtant, dans de nombreux établissements, ces oiseaux rares, anges de l’accueil inconditionnel sont des personnes comme tout le monde. Anciens membres d’une famille de résident, membre d’une communauté religieuse voisine, proche d’un soignant, ancien bénéficiaire des actions de la Fondation parfois, ils ont vécu une expérience qui a façonné leur engagement. Après une formation à l’écoute et à la diversité spirituelle, ils sont aptes à vivre une rencontre d’aumônerie. Soumis au secret de la confession, vous n’en entendrez pas évoquer telle ou telle situation : l’essentiel se vit et se garde au fond du cœur. Mais il arrive que ce cœur s’alourdisse des secrets partagés, car ces bénévoles sont avant tout des hommes et des femmes soumis aux émotions et à la fragilité humaine. Leur accompagnement est donc aussi essentiel que leur mission, notamment par le biais d’une relecture entre pairs. C’est un des rôles de l’aumônier qui les encadre.

 

Marc de Bonnechose, aumônier coordinateur