Transmettre, c’est rendre demain actuel
Par la transmission, se joue la capacité à tourner son regard vers une vision globale de l’humain. Un enjeu de taille pour répondre aux besoins futurs de la société.
« Lorsque j’ai commencé à l’hôpital, témoigne une sœur, je découvrais un chariot devant la porte des chambres en prenant mon service, avec les comprimés à donner et, souvent, l’indication d’un psaume ».
Le soin médical et la rencontre personnelle se vivaient alors dans un même mouvement. Au-delà de l’anecdote, se dit une dimension de l’accompagnement aujourd’hui inimaginable dans une société laïcisée et technicisée.
Deux forces qui se complètent
Pourtant, les Diaconesses ont la chance inouïe de pouvoir porter ces deux dimensions. D’une part la Fondation s’est dotée d’une expertise de soin et d’éducation, depuis l’enfance jusqu’à la fin de l’existence, par la pratique de ses établissements et lieux de vie. D’autre part la Communauté exerce pleinement la dimension spirituelle et l’accueil de personnes ou de groupes en quête de sens. La création du centre de formation Elim traduit bien le souhait que ces deux forces ne soient pas disjointes mais se répondent, se complètent, interfèrent, dialoguent. Car l’être humain est un tout dont on doit respecter l’unité.
La transmission n’est pas descendante
Transmettre pourrait signifier donner, enseigner ou initier. Et ces simples mots suffiraient pour que l’action de la Fondation soit efficace et corresponde à sa vocation de ‘prendre soin’ de ceux qui lui sont confiés. Mais ces termes marqueraient alors une vision descendante du soin, apporté par des sachants à ceux qui les suivront. Or l’attention portée à autrui nécessite de considérer que la personne accueillie, quelle qu’elle soit, participe pleinement à la démarche pour retrouver son autonomie, son espérance, et pour tout dire son humanité.
Envoyer vers demain
La transmission se comprend donc dans un autre sens, celui de son étymologie : ‘Transmittere’ en latin signifie ‘envoyer au-delà’, au-delà de son regard, au-delà de ce que l’on peut aujourd’hui discerner. En langage théologique, ce serait porter l’espérance vers demain. En termes professionnels, transmittere consiste à mettre à disposition de tous les intervenants l’ensemble des pratiques et du sens que l’on connait déjà, pour leur permettre de s’adapter aux maux de leur époque et les envoyer au-delà.
En faisant de la transmission une priorité, la Fondation marque d’une certaine manière la confiance qu’elle porte dans le lien entre soin et sens, santé et spiritualité, technique et accompagnement, tradition et innovation, …
Relier et faire confiance
Porter attention à autrui, à son unité comme à sa vulnérabilité, est une vocation de la Communauté et une mission de la Fondation. Le temps n’est sans doute plus aux chariots de comprimés et de psaumes, mais par la transmission, l’ensemble formé par les Diaconesses de Reuilly (Fondation et Communauté) peut porter dans chaque chambre l’unité du soin.
Que l’on soit enfant ou adulte, ressentir la souffrance ou la vulnérabilité a toujours placé les personnes en situation de tension, de tiraillement, de recherche de sens. Au moment où la société se technicise et se laïcise, relier les forces de la Fondation et de la Communauté par la transmission, permet donc d’accueillir avec confiance l’évolution des besoins de demain.
