Formation en soins de fin de vie : le pari de l’IFCM
Dans le prolongement des engagements portés par la Fondation, l’Institut de Formation Caroline Malvesin (IFCM) a développé un module pédagogique inédit centré sur les soins palliatifs, adossé au programme DiacoPall. Ce module spécifique est construit en partenariat avec le service des soins palliatifs du Groupe Hospitalier Diaconesses – Croix-Saint-Simon (GHDCSS).
ENTRETIEN AVEC Catherine Le Neures,
Directrice de l’Institut de Formation Caroline Malvesin, Paris
Quelle est la genèse de la formation ?
La formation aux soins de fin de vie constitue l’un des défis les plus exigeants de la pédagogie en santé. Elle ne se réduit pas à la transmission de connaissances techniques ou protocolaires, elle engage les représentations profondes que chaque soignant porte sur la mort, la souffrance, la limite du soin et la dignité de la personne.
Concrètement, comment se déroulent les séances ?
On confronte les apprenants à la complexité des situations de fin de vie : annoncer le passage à une orientation palliative et la limitation de certains soins, gérer un conflit entre les souhaits de la famille et les décisions de l’équipe médicale, faire face à l’absence ou l’inaccessibilité des directives anticipées… Il y a aussi des gestes techniques tels que les soins de bouche, la perfusion
sous-cutanée etc. Ces scénarios mobilisent simultanément des compétences communicationnelles, éthiques et cliniques.
En quoi cette formation est-elle particulière ?
Les séances réunissent des étudiants infirmiers, des élèves aides-soignants et des étudiants en médecine, dans un espace partagé où les hiérarchies s’effacent au profit d’une réflexion commune.
La formation se déroule soit dans les services de soins palliatifs du GHDCSS, soit dans les salles de simulation de l’IFCM, avec un mannequin haute-fidélité. Cette double modalité permet l’immersion dans la réalité du soin et la sécurité d’un espace pédagogique maîtrisé, où l’erreur peut être analysée sans risque pour le patient.
En 2025-2026, 68 étudiants infirmiers de troisième année, 45 élèves aides-soignants et plusieurs étudiants en médecine ont participé à l’une des quinze séances organisées.
Quel est l’apport pour les étudiants ?
L’appréhension initiale cède progressivement la place à une forme de confiance. Ils rapportent un sentiment renforcé de légitimité dans le soin, la conviction que leur présence, leurs gestes, leur parole ont une valeur propre, surtout quand les soins curatifs ne sont plus possibles.
Les apprenants témoignent également d’une meilleure capacité à nommer ce qu’ils ressentent, à prendre la parole dans des situations difficiles, à accepter l’incertitude sans en être paralysés.